jeudi 17 août 2017

Lutter contre la connerie et l'idiocratie à Rochefort

"ROCHEFORT AMOR !" ("Rochefort-sur-mer.blogspot.fr") est un site consacré à la lutte contre la connerie et l'idiocratie à Rochefort (Charente Maritime, 17300, France), et, partant, au re-développement multi-dimensionnel de cette belle ville, sur les axes Économie, Culture, Patrimoine, Tourisme, Social, Vie Associative, Qualité de Vie, Indépendance d'Esprit, Ouverture, sans oublier la Bonne humeur, l'Humour, l' Amitié, ... et l'AMOR !


contact : rochefortamor@gmail.com 


Bien évidemment, comme on ne peut pas tout dire et être sur tous les fronts à la fois, nous nous battons plus particulièrement sur les points suivants :

- les nuisances sonores (le bruit des véhicules à deux roues en particulier : un scandale quotidien à Rochefort), olfactives, atmosphériques et visuelles-esthétiques dans l'espace public (exemples : bunker de l'Hermione dans un arsenal défiguré, sacs poubelles en permanence dans la rue, palmiers nains moribonds pour remplacer de grands palmiers en bonne santé, friches vieillissantes de l'ancien hôpital civil et de l'ancien hôpital militaire, etc.)

- la médiocrité culturelle idiocratique (municipalisation, étranglement financier et nivellement par le bas de la qualité de l'offre théâtrale de la Coupe d'Or ; disparition de trois grandes fêtes populaires : "Rochefort Ville en Fête", "Site en Scène", "Rochefort en Accords" au profit d'animations commerciales et d'un festival du bruit permettant la concentration pendant 4 jours de toute la racaille alcoolisée et droguée du département ; soutien insuffisant des associations et des réseaux associatifs (ex : TEC-TAP) à contenu culturel et notamment des troupes de théâtre amateur qui ne disposent d'aucun lieu pour créer, répéter et se produire en spectacle)

- le scandale de l'Hyper-Incinérateur au triple plan sanitaire, écologique et économique : les élus locaux préfèrent se soumettre aux intérêts de VINCI et des grandes agglomérations du département plutôt qu'aux intérêts réels et à la santé des Rochefortais. Il y a d'autres solutions, à commencer par le tri à la source et la gestion responsable des déchets par les citoyens

- le scandale de l'usine d'engrais Roullier-Timac : une puanteur insoutenable ignorée par la quasi totalité des élus ; "ça fait des emplois donc on peut emmerder le monde !"

- le scandale de l'Hermione de la Honte au quadruple plan esthétique, financier, technique et démocratique

- le scandale des impôts, de la dette et des déficits budgétaires perpétuels, qu'ils soient de gauche ou de droite

- le scandale de la régression économique et de l'appauvrissement de la ville. Les entreprises ne se précipitent pas à Rochefort et les ménages aisés se cassent du centre-ville où ils sont remplacés, avec l'appui du tandem CAF-agences immobilières par des ménages modestes souvent en difficulté multidimensionnelle.

- la nullité scandaleuse des municipalités successives dans de nombreux domaines mais en particulier en matière de gestion de projets aussi stratégiques que l'ancien hôpital civil, l'ancien hôpital militaire ou l'arsenal.

Ce site est apolitique si l'on considère ce qu'est devenue la politique dans la réalité : magouilles et copinages antidémocratiques en boucle, de droite à gauche et de gauche à droite, sans que rien d'essentiel ne change jamais, sauf le niveau des caisses qui baisse lamentablement (lorsqu'elles ne sont pas encore vides), celui de la dette qui monte vertigineusement et ceux des impôts, du racket organisé et des sujétions qui explosent pendant qu'on bride les énergies et les talents de citoyens de plus en plus incultes, infantiles, uniformes, sans esprit critique et donc de moins en moins capables de penser et d'agir par eux-mêmes, de s'assumer et de se prendre en charge.

Par contre ce site est politique dans le sens noble, le vrai sens, du terme : la démocratie par et pour le peuple, pour l'homme, du moins ce qui l'en reste.

Tous ceux qui essaient d'abord de penser par eux-mêmes en toute circonstance sont les bienvenus !

mercredi 25 janvier 2017

Roullier-Timac ça suffit ! Votre usine d'engrais pue et empeste Rochefort

Roullier-Timac ça suffit ! 
Votre usine d'engrais pue et empeste Rochefort 

Il faut en finir avec cette odeur dégueulasse !!! 
Peu importe que ces fumées soient toxiques ou non. L'argument "ça fait des emplois" n'est pas à lui seul une raison valable pour continuer à polluer la vie des gens et des touristes. 
Venez à l'arsenal de Rochefort sur les bords de Charente visiter l'Hermione ou La Corderie Royale : ça pue ! Quelle est la logique ? Comment peut-on vouloir obtenir un Label Grand Site et se faire sacré par l'UNESCO alors qu'on a d'un côté cette saloperie d'usine d'engrais et de l'autre cette catastrophe d'hyper-incinérateur ! STOP !!!









mardi 28 juin 2016

Alerte ! L'Association du "Théâtre de la Coupe d'Or" n'est plus qu'un instrument de la municipalisation déguisée et accélérée, de facto et de jure, par la Ville, du théâtre à l'italienne de Rochefort


Alerte à la municipalisation déguisée du théâtre à l'italienne de Rochefort ! 

Le célèbre "Théâtre de la Coupe d'Or" ne sera bientôt plus que le théâtre médiocre et dépersonnalisé d'une petite ville ordinaire et vieillissante de province, la ville de Rochefort en Charentes Maritime.
Même si cela est masqué par le maintien d'une terminologie qui continue d'utiliser les mots "Coupe d'Or" dans la dénomination du théâtre, quelque chose de fondamental est en train de changer sous la pression de la municipalité qui entend bien reprendre totalement la main sur le théâtre à l'italienne, tant en ce qui concerne son offre artistique ("programmatique") que sur le plan de sa gestion et de son financement.


Nous n'en voulons pour preuve accablante que la modification des statuts qui est proposée au vote de l'Assemblée Générale Extraordinaire de l'"Association Théâtre de la Coupe d'Or" convoquée pour le 7 juillet prochain.
Il ne s'agit pas moins, au travers de cette modification des statuts, que de changer radicalement l'objet de l'Association.


En effet, dans sa rédaction actuelle, l'Article 2 des statuts affirmait le principe fondamental et essentiel suivant :
"L'Association a pour objet d'assurer la gestion matérielle, artistique et financière du Théâtre de la Coupe d'Or dont la ville de Rochefort est propriétaire."


Coup de tonnerre ! Le nouveau projet de texte de l'Article 2 énonce un objet beaucoup plus flou où le lien entre la mission (l'activité...) de l'Association et le lieu physique du théâtre dit de la Coupe d'Or a totalement disparu :
"L'Association a pour objet d'accueillir, d'organiser, de produire des spectacles professionnels, dans le cadre d’une programmation pluridisciplinaire par saisons....Elle accomplit ses missions...par le biais d'actions artistiques et culturelles...qui se déroulent soit dans les locaux mis à sa disposition, soit ailleurs, dans le cadre de partenariats."  


On le voit, et on doit le déplorer avec énergie, la municipalité de Rochefort et la gouvernance "carpettisée" de l'Association, ont, d'un commun accord, décidé de supprimer toute référence à un cadre physique principal et consubstantiel pour l'exercice des activités artistiques de l'Association en charge du théâtre à l'italienne de notre cité.


Dans ces conditions, quid de l'autonomie du Théâtre dit de la Coupe d'Or, quid de son droit - sinon exclusif, du moins préférentiel - à exercer son activité d'abord et PRINCIPALEMENT (au sens large de ce terme) dans ce magnifique théâtre à l'italienne qui fait la fierté de tous les Rochefortais ?
Pour nous, il s'agit d'un acte violent de mise sous tutelle de l'Association par la Ville qui tient ainsi à poser en principe que le théâtre à l'italienne est un outil qui doit être au seul service de sa politique culturelle sur le territoire.


Dans ces conditions, quelles sont encore le sens et l'utilité de cette Association au-delà des deux avantages tactiques qu'elle présente :
- pour la Ville, cette structure constitue un bouclier qui lui permet d'exporter sa responsabilité financière, en cas de graves problèmes, sur une structure tierce, au moins dans la communication, donc dans l'image de la ville perçue par les citoyens,
- pour le Directeur du Théâtre, l'Association est également un bouclier qui lui permet de mener son action sans avoir de compte à rendre directement et sans être dans l'obligation immédiate d'exécuter les ordres de la Direction Culturelle de l'Administration Municipale ?


Certes, la version actuelle du premier alinéa de l'article 2 pose peut-être un problème de légalité au regard du droit administratif. Mais outre que ce texte est en vigueur depuis 12 ans et qu'il n'a jamais été contesté formellement jusqu'à ce jour par la chambre des comptes ou quelque institution externe que ce soit - et sans aller jusqu'à envisager des solutions alternatives plus orthodoxes comme l'EPCC (1), la délégation de service public ou la location du théâtre à l'association - tous les gens un peu intelligents comprendront qu'il était possible de réécrire cet alinéa pour pallier ce prétendu obstacle juridique, sans altérer le fondement même de la mission première et essentielle de l'association qui est tout de même de pouvoir faire du théâtre dans le théâtre à l'italienne !
Était-il vraiment si difficile d'écrire, a minima, "principalement dans le théâtre à l'italienne mis à sa disposition" (ou toute autre formule équivalente) au lieu et à la place de "soit dans les locaux mis à sa disposition, soit ailleurs" qui est la pire des formulations ?

Certes, on peut comprendre la volonté de la Ville de maîtriser la gestion et l'activité de l'Association. D'autant que les sommes englouties chaque année par le théâtre à l'Italienne sont colossales et qu'un effort important est demandé aux contribuables rochefortais chaque année.
Mais, outre qu'il s'agit d'un domaine - la Culture - qui ne peut pas s'autofinancer comme d'autres et dont l'enjeu est fondamental pour l'épanouissement, l'ouverture et l'esprit critique de tous, il convient d'être extrêmement circonspect quant à la pertinence, sur le plan qualitatif, d'une politique culturelle centralisée et fonctionnarisée - par trop municipalisée ou communautarisée - même au niveau d'une petite ville comme Rochefort, ou à terme, peut-être, au niveau d'une petite communauté de commune de second ordre comme la CARO.


Pour notre part, nous considérons qu'il s'agit d'une erreur grave sur le long terme.
Inquiétant et triste.


Serge Guégan - membre du conseil d'administration de l'Association Théâtre de la Coupe d'Or

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/au-secours-notre-theatre-se-meurt-182418#forum4611363

NB :
Le fait que dans le préambule de ce nouveau projet de statuts, il soit indiqué en son début que « Depuis sa fondation, l’association Théâtre de la Coupe d’Or présente des saisons...qui se déroulent principalement dans le théâtre à l’italienne de Rochefort », outre qu’il s’agit d’un constat qui ne porte et ne vaut que pour le passé et n’engage absolument pas la municipalité (en l’état de cette rédaction) en ce qui concerne le futur, ne relativise et ne minimise en rien la gravité de la nouvelle situation juridique qui serait créée par ce projet de texte que nous dénonçons dans notre article.
Car en effet, nous le répétons, le nouvel objet de l’association, défini dans l’article 2 modifié, ne fait plus aucun lien formel et essentiel entre le contenu de la mission de l'association et le lieu physique du théâtre à l’italienne. 
Au contraire, ce lien est même expressément supprimé et en tout cas très sérieusement distendu dans la mesure où le nouvel article 2 précité précise que les « actions artistiques et culturelles » de l’association ... « se déroulent soit dans les locaux mis à sa disposition, soit ailleurs »... Ce qui revient à dissocier très clairement les activités de l’association de leur(s) lieu(x) d’exercice.
Au demeurant le préambule précité rappelle de manière solennelle que les conditions d’utilisation du théâtre sont définies par une « convention d’occupation NON EXCLUSIVE » qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations sur les limitations et les contraintes pouvant être imposées à l’association s’agissant de l’activité qu’elle prétendra exercer dans le théâtre à l’italienne.
Et cette convention d'utilisation n'est pas le seul outil dont dispose la mairie. Il faut y ajouter la convention d'objectifs et de moyens qui définit les conditions dans lesquelles la Ville subventionne l'Association...
Dans les statuts en vigueur il n'est absolument pas fait référence à ces conventions. Dans ce nouveau projet de statuts elles deviennent, au contraire, les bases de tout et sont plus qu'affirmées dans le préambule, créé à cet effet, et dans le nouvel article 3.
Autrement dit la marge de manoeuvre et l'autonomie dont va pouvoir disposer en pratique l'Association sera désormais à géométrie variable dans la mesure où ces deux conventions sont renouvelées annuellement. Une situation inconfortable pour construire sur le long terme. Joli système, non ?! 
Nous ajoutons pour finir que ce nouveau projet de statuts, en comparaison de l’ancien, apparaît à bien des égards, extrêmement bricolé, touffu, confus et flou quant à la politique que l’association pourra réellement mener et quant à l’autonomie dont elle pourra disposer. 
La volonté de puissance et de contrôle est souvent mauvaise conseillère pour faire évoluer une structure, quelle qu’elle soit. On en a ici la preuve flagrante.

(1): Etablissement Public de Coopération Culturel : cette solution est étudiée actuellement par la Ville de Rochefort et pourrait devenir dans un futur proche un cadre juridique se substituant à l'Association actuelle. Autant le dire tout de suite : cette Association est condamnée à mourir ou en tout cas à ne subsister que dans un rôle accessoire, style "groupement de supporters" sans pouvoir... Affaire à suivre...


jeudi 22 novembre 2012

Épître aux Rochefortais endormis






La lutte contre la « connerie » est un devoir moral, une ligne d’action éthique essentielle pour tout citoyen et en particulier pour ceux qui essaient d’abord de penser par eux-mêmes pour agir librement sur le monde, avec cœur, imagination et courage.

Je voudrais ici, pour illustrer mon propos et ramener mon combat sur un terrain concret et limité, vous parler de Rochefort en quelques questionnements critiques 

un peu provocateurs, voire énervants, histoire de réveiller sa population endormie ou par trop résignée et de la faire réagir contre l’immobilisme, la poltronnerie et le fatalisme ambiants.   

Une ville qui pour son développement futur doit résolument s’axer sur le tourisme, le thermalisme, le nautisme, les industries de pointe et j’en passe, ne saurait relever ce défi sans développer ardemment la qualité de vie, la culture et les loisirs, le tout hélas dans un contexte de vieillissement (les jeunes partent et les retraités affluent…), de chômage, de précarisation et d’appauvrissement de la population qu’il faut ralentir et inverser[1].

Une ville où je suis venu - librement - habiter et dont je suis amoureux malgré tout ce qui suit.

Alors voici.


L’Hermione



L’Hermione, fleuron de Rochefort ? - Rien n'est moins sûr.

Rien de plus inesthétique et destructeur du charme de l'arsenal et des abords de la Charente, rien de plus insultant et stupide que ces barrières, ces palissades, cette clôture (parfois doublées sinon triplées) encerclant la forme Napoléon III et la double forme Louis XV, masquant et enfermant L'Hermione au milieu d'un souk indescriptible et soustrayant ainsi le vaisseau de la "Liberté" (que ce mot sonne creux dans un tel contexte !) aux yeux des promeneurs et des visiteurs. 

Ce bunker, cette "bunkerisation" est plus qu’une grosse erreur sur le long terme. C’est une faute lourde.

Pourquoi ne veut-on pas tout mettre en œuvre pour essayer de concilier 1° esthétique, 2° sécurité, 3° image du site de l'arsenal, de l'Hermione et de la ville, 4° économie et finances du projet, et 5° visibilité par tous de l’extérieur du navire, y compris par ceux qui ne souhaitent pas payer pour voir ? Pourquoi ? Sinon par mépris, suffisance et autisme des uns, obturation d’esprit, pingrerie et lâcheté des autres !

Ce massacre esthétique est d'autant moins acceptable que l'Association Hermione Lafayette opère sur le domaine public de la Zone d l'Arsenal pour des clopinettes et que ceci va durer si l'on en juge par le PV du Conseil Municipal du 17 octobre 2012. Tarifs d'occupation à compter du 01/01/2013 :

- forme de Radoub Napoleon III (occupée par l'Hermione): 30 € HT par jour calendaire d'occupation
- forme de Radoub Louis XV (projets de restauration de bateaux par les petits copains de l'Association H-L): 69 € HT par jour calendaire d'occupation
- occupation de l'espace à terre en périphérie immédiate des formes (EN DEHORS DU TERRE PLEIN CENTRAL) : 1 € mensuel HT par m2 !

Oui, pour des clopinettes, et sans qu'aucun contrôle et aucune sujétion (par exemple, enlèvement de toutes les grillages et rambardes le long de la forme Louis XV qui ne servent à rien d'autre qu'à enlaidir le site) ne soient imposés aux occupants. Personnellement si j'avais une baraque à frites je l'installerais sur la périphérie car 50 € de loyer mensuel pour 50 m2 c'est une aubaine à ne pas dédaigner, vu le nombre de touristes qui circulent à proximité. 

Il faut craindre une détérioration encore plus grave du cadre de l'arsenal lorsqu'un ou plusieurs autres bateaux seront en restauration, comme cela est envisagé, dans la forme Louis XV. Encore plus de barrières, de baraques,  d'engins et de bric-à-brac, et une diminution supplémentaire, de facto, du domaine public autour des formes. Ce supplément d'activité n'aura qu'une incidence dérisoire sur l'économie locale mais, par contre, une influence désastreuse sur l'image touristique de Rochefort. Je vous en fais le pari. Rochefort doit choisir : devenir une ville touristique et culturelle d'excellence en Europe, sur l'arc atlantique, ou accepter d'être réduite au rang de ces petites villes départementales médiocres et sans âme qui n'en finissent pas de faire des conneries pour ne pas crever dans l'indifférence générale.


À un moment où on se propose par ailleurs de faire classer l'estuaire de la Charente et l'arsenal de Rochefort au titre des monuments naturels et des sites, d'obtenir ensuite le Label Grand Site de France et enfin de faire aboutir l'inscription de l'arsenal maritime de Rochefort au patrimoine mondial de l'Unesco, il serait plus que contradictoire de raisonner le devenir de Rochefort et de l'Arsenal avec le petit bout de la lorgnette et seulement à l'aune de critères mercantiles au ras des pâquerettes.Gouvernance de Rochefort, un peu de hauteur et de courage que diable !

C'est précisément parce que le projet Hermione est magnifique que l'on doit s'insurger vigoureusement contre toutes les initiatives ou toutes les inactions qui tendent à le dévaloriser, à en ternir l'image, et à le priver d'une base populaire locale enthousiaste et fière.

« Soutenir la reconstruction de l'Hermione, c'est prouver que l'esprit des Lumières est vivant » ai-je lu quelque part[2]. Oui, mais à condition que ce projet incarne pleinement et sans compromission la Liberté et l'Intelligence. Ce qui, c'est le moins qu'on puisse en dire, ne saute pas aux yeux en ce moment.

Mais soyons clairs, Ce n'est pas parce que le projet est magnifique dans son principe (si du moins le but est toujours d'aller en Amérique) que l'on peut faire n'importe quoi, surtout si l'argent public, donc des citoyens, est sollicité.


Le projet Hermione n’a de sens et ne peut être l’objet d’une contribution financière des citoyens que si la frégate va en Amérique et navigue à travers les océans pour représenter la France dans le monde.
Par contre si in fine ce projet n’est autre qu’un mauvais "Disneyland" (même assorti de quelques promenades à moteur sur les eaux plates de la rade de l'île d'Aix ou de la Gironde) drainant des touristes à Rochefort, alors ce projet doit être totalement autofinancé et l’Arsenal réaménagé (sinon libéré) de sorte qu’il puisse recouvrer un aspect esthétique digne du projet Grand Site et du projet d’inscription à l’UNESCO.


Les dérives du projet Hermione sont et seront d’autant plus inévitables et lourdes de conséquences néfastes que la pensée unique qui tourne autour continuera de régner sans partage et d’être encouragée par le raisonnement implicite, quasi-paradigmatique, suivant :
1° L'Hermione est un magnifique projet en termes d'image et d'économie touristique.

2° Par conséquent tout est bon pour que ce projet perdure le plus longtemps possible, même si le contribuable est sollicité abusivement, même si L'Hermione ne navigue jamais vraiment et ne va pas en Amérique.
3° Donc circulez, tout est parfait, il n'y a rien à voir.
Au nom de cette « déraison » on justifie en ce moment l’inacceptable : la gabegie financière, la destruction du paysage de l’arsenal, la «bunkerisation», l’immobilisation mercantile...


Non !

- Laissez les touristes et les promeneurs voir librement et gratuitement l'extérieur de l'Hermione !
- Rendez des comptes transparents et publiquement aux citoyens-contribuables !
- Donnez à ce bateau, qui ne doit pas être un musée immobile, les moyens pratiques d'entrer et de sortir aisément de sa forme pour sillonner les mers du globe. L'Hermione doit naviguer, non seulement pour aller aux USA et en revenir, mais après, pendant vingt ans ou plus. Soit on règle définitivement le problème de la vase, soit on lui affecte un autre port !
- Entretenez l'arsenal et rendez-lui son charme !
- Assurez-vous de la rigidité, de la résistance et de l'étanchéité future de la coque, laquelle ne semble pas avoir été construite en tout point dans le respect des plans historiques et/ou initiaux, avec des matériaux et selon des techniques conformes aux exigences et aux règles de l'art de l'architecture navale !
- Arrêtez de dire et de faire dire par médias interposés à tout instant que tout baigne à 100%. Cela devient lassant. Même le meilleur bateau du monde est constamment confronté à des problèmes plus ou moins graves pouvant compromettre sa navigabilité !

Nous exigeons : 

1) Une mise à plat transparente et publique des comptes de l'ensemble de l'opération depuis sa création (pas seulement les comptes de l'Association mais aussi les comptes publics...) : bilan, coûts/avantages...
Savez-vous que les comptes de l'Hermione 2012 et 2013 ne sont toujours pas rendus publics ? Vous trouvez cela normal s'agissant d'une association qui dévore l'argent public ?

2) Un audit technique indépendant pour savoir à quelles conditions ce bateau pourra aller en Amérique si tant est que ce soit possible. 

3) Une réflexion prospective publique pour décider dans quelle direction ce projet peut aller sans devenir un gouffre financier. 

4) Une reprise en main du projet par la ville de Rochefort qui ne doit pas être là uniquement pour accorder des passe-droits et des subventions incontrôlables.





L’Héritage Architectural






Quel avenir pour l’ancien Hôpital Saint Charles et les friches immobilières du patrimoine culturel rochefortais ?

Assurément un avenir sombre en raison d’un immobilisme perpétuel constamment entretenu depuis des lustres, principalement par la lâcheté et l’inaction de nos politiques.

Mais bon Dieu ! On savait depuis la décision, il y a bien des années, de construire le nouvel hôpital qu’il faudrait nécessairement fermer l’ancien au moment de l’ouverture du nouveau. Pourquoi aujourd’hui est-on encore en train de tergiverser sur la destination de l’ancien hôpital ? Scandaleux ! Les qualités premières d’un politique sont la vision, l’anticipation et l’action, pas l’immobilisme, pas la gestion en bon père de famille aussi vertueuse soi-elle, pas son aptitude à s’assurer une belle retraite en mangeant à tous les râteliers.

Quant à l’Hôpital Maritime et au Magasin aux Vivres, deux magnifiques joyaux architecturaux du patrimoine local, comment peut-on accepter la situation de quasi impasse dans lequel on se trouve depuis trop longtemps ?

Que dire par ailleurs de la dégradation accélérée de l'intérieur de l'Eglise Saint Louis qui laisse totalement indifférent le pouvoir local ? Les peintures murales tombent en lambeau et la restauration de la voûte est inachevée. Je vous renvoie à l'article récent de François Hagnere sur le sujet dans son blog  "Rochefort-USA Friendship". Cette église, située au coeur touristique de la ville, où passent immanquablement les touristes, donne une image pitoyable de Rochefort.


Enfin je ne peux clore ce chapitre sans donner un vigoureux coup de griffe aux penseurs et concepteurs des bâtiments du parc des Fourriers et notamment de l'Auberge de Jeunesse récemment inaugurée. Une horreur absolue. Des constructions en tôle ondulée rappelant les baraquements de Pearl Harbour ou d'Auschwitz, au choix. Le tout dans le plus pur style officiel sozialistischen-rochefortais dont l'office de tourisme nouvellement reconstruit est le symbole. Mais me direz-vous, il ne s'agit pas d'un héritage architectural. Certes pas pour nous, mais assurément un héritage qu'auront à supporter les enfants et futurs enfants de Rochefort. Tout bien considéré il y a une logique dans le caractère provisoire que l'on a donné à ces constructions. Oui, pourquoi faire de l'éternel alors que Rochefort se meurt ?


Le Management des Projets Clés



Pourquoi certains projets fondamentaux pour la vie sociale et culturelle locale ne peuvent pas avancer plus vite et mieux ?

J’évoquerai seulement ici l’un d’entre eux. La rénovation du Théâtre à l'Italienne de la Coupe d'Or, qui vient seulement de rouvrir, et qui est un exemple éloquent de la « connerie » soporifique ambiante qui gangrène la gouvernance rochefortaise depuis des années.

Certes, l’ambition de ce projet n’avait d’égale que sa complexité administrative, technique et financière (une parfaite petite usine à gaz !) à quoi il convient d’ajouter l’ego de l’architecte principal. Certes. Mais il a surtout souffert de l’incompétence, du laisser-aller, de la négligence, de la maladresse et des retards phénoménaux dans l'exécution des travaux, qui auraient pu être évités s'il y avait eu en permanence sur le terrain un chef, un vrai, doté du pouvoir exécutoire de faire travailler et de coordonner les différents corps de métiers qui ont fait, in concreto, quasiment ce qu'ils voulaient, des administrations manifestement incapables, une mairie inexistante ! Misère ! Tristesse !

Si encore tout était fini. Mais non. Bien des épisodes sont encore à venir. Le chantier est toujours en cours, même si les spectacles ont repris, ce qui explique que bien des choses ont été bâclées pour permettre au théâtre d'accueillir les premiers spectacles de la saison 2012-2013, à peine décalés. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a encore du boulot : profitez donc d’un prochain spectacle pour constater par vous même la peinture écornée, les murs salopés, les plafonds tachés, les mille et une retouches à la va-vite, etc…

S’agissant d’un monument classé, la reconstruction stricte « à l’identique » est dans le principe une bonne chose, sauf si elle devient un facteur de blocage et de génération d’absurdités. In medio stat virtus…

Et que les élus ne viennent pas nous dire que ce n’était pas eux les responsables[3] parce que ci et parce que ça. Non ! Argument irrecevable. On se bat ou on s’en va.

Personne ne me fera croire que dans la réalisation de ce projet il n’y a pas eu, sinon de la corruption, du moins de l’ « engraissement » de certaines administrations et donc de certaines personnes, dans la mesure où, le contenu et la structure d’une masse budgétaire n’étant pas neutre, on finit sans l’ombre d’un hasard, sous couvert de faire jouer la concurrence (oui, vous savez, ces appels d’offre à la française où celui qui propose le prix le plus bas l’emporte toujours indépendamment du reste du package proposé), par mettre intentionnellement l’argent là où il n’a qu’une efficacité très marginale par rapport à l’objectif du projet mais où il engraisse le plus au passage. Mais passons…

Hélas, la Coupe d'Or n'est pas le seul projet malmené du genre. Loin de là. On pourrait faire le même constat accablant pour la rénovation du Collège Pierre Loti par exemple.


La Qualité de Vie


Dans notre société moderne il est vain d’espérer développer l’économie - surtout si le tourisme et les loisirs en sont la composante principale - l’activité culturelle, la cohésion sociale et la responsabilité citoyenne sans développer résolument la qualité de vie. Qu’en est-il à Rochefort?

Mon sentiment c’est qu’on peut, et surtout doit, faire encore mieux même si des progrès considérables ont été fait : rénovation du musée Hèbre de Saint Clément, rénovation en cours du musée Pierre Loti, pistes cyclables, sentiers, zones piétonnières, transport en commun, identité paysagère (préservation de la ceinture des marais…), parcs et réserves, protection des oiseaux (je salue au passage le travail remarquable de la LPO…), déchets, démoustication, maintien de la gratuité du parking du Cours Roy-Bry, marché tri-hebdomadaire,  palmiers en centre-ville, location de vélos (Les Demoiselles), R’bus, etc.

Ici encore quelques exemples suffiront à faire comprendre que l’amélioration de la qualité de vie, si elle nécessite souvent de l’argent et de la bonne volonté, exige aussi du courage et de l’audace si on veut amener son niveau au-dessus du seuil très bas à partir duquel il y a des gens influents que ça 
dérange (entreprises, syndicats, bureaucraties, groupes socio- professionnels, partis politiques, élus, obtus de tout poil…) et qui, avec la complicité des médias, des élus et des administrations, savent imposer l'immobilisme :



u 1)  Les rejets de fumées de l’usine d’engrais de la société Timac, s’ils ne sont peut-être pas très toxiques (j’en demande néanmoins la preuve, étant précisé qu’en la matière les seules analyses et affirmations unilatérales de la Timac ne suffisent pas), n’en nuisent pas moins à la qualité de vie. Comme si les volutes et les panaches de fumée, parfois immenses, les mauvaises odeurs, les picotements aux yeux, les irritations de la gorge, les salissures et poussières blanchâtres, la végétation malmenée à proximité, n’étaient pas une nuisance.

Je le répète, dans une agglomération axée sur le tourisme et le thermalisme, avec une proportion élevée de personnes âgées, on ne peut pas se contenter d’arguments du genre : « oui ça provoque des nuisances mais c’est bon pour l’emploi et l’économie, donc ferme ta gueule ! ».


u 2) S’agissant des possibilités de loisirs en direction des habitants, des vacanciers, des retraités, des curistes ou des plaisanciers je ne vais pas énumérer ici toutes les choses positives qui ont été faites, car le bilan est objectivement positif.

Mais là encore on peut aller plus loin, par exemple en laissant ouvert le Pont Transbordeur toute l’année et jusqu’à une heure plus tardive le soir (ceux qui ont déjà franchi le viaduc routier à pied ou en vélo savent de quoi je parle). Idem pour le fluviobus.

On pourrait aussi en finir avec la sacro-sainte règle de la fermeture entre 12h et 14h de nombreux services, musées  et autres lieux d’activités. Dites-moi par exemple, s’il vous plait, comment est-il possible de justifier dans une ville touristique la fermeture de l’Office de Tourisme en milieu de journée ? N’est-ce pas là une pure connerie ?


u  3)  La qualité de vie c’est évidemment aussi l’attractivité du centre-ville sur le plan commercial (boutiques, restaurants et supermarchés pour toutes les bourses), accessibilité, (rue piétonne, horaires des services publics et privés), esthétique, évènementiel (mentions très bien au passage pour la patinoire et le festival « Résonances», etc.), culturel (musées, cinéma, théâtre)…

On doit à cet égard vivement regretter les fermetures de nombreux commerces depuis plusieurs années et la multiplication ici et là des vitrines vides de locaux en attente de repreneurs. Dans le même ordre d’idée, on déplorera aussi beaucoup la dégradation de nombreuses façades d’immeubles que la vacance de leurs appartements, dévolus à l’entreposage, voire abandonnés, ne contribuent pas à arranger.

En ces temps dits de « crise », quoi qu’il en soit très difficiles sur le plan économique pour bien des ménages, eu égard au taux élevé de personnes à faibles revenus (chômeurs, retraités, exclus…) sur le territoire, et pour faciliter la vie de toutes les personnes qui ont des difficultés à se déplacer ou qui n’en ont pas les moyens, il importe de prendre urgemment en compte que tous ces citoyens n’ont pas toujours - sinon pas du tout - accès à une offre alimentaire de centre-ville « compétitive », le marché tri-hebdomadaire et les navettes vers les hypermarchés de la périphérie ne permettant que très imparfaitement de pallier cette carence.

Il est de ce point de vue assez attristant, par exemple, que les catégories précitées soient obligées de s’approvisionner pour leur alimentation dans un magasin, Monoprix pour ne pas le citer, de facto en situation de monopole intra-muros (en terme de largeur et de profondeur de gamme), qui pratique pour certains produits de première nécessité des prix scandaleusement élevés. On verra à l'usage si le petit nouveau Carrefour City, in-muros plutôt qu'intra-muros, est en mesure de contribuer à l'amélioration de cette situation.

Il y a des époques de l’année où l’attractivité du centre-ville mériterait d’être maximisée, notamment en Hiver, à la période de Noël. Nous y sommes : que penser à cet égard des décorations lumineuses de Noël, d’une pingrerie et d’une ringardise extrêmes sauf peut-être sur la place Colbert ? « Connerie » !



Épilogue



Je m’arrête là. Je suis loin d’avoir épuisé mon sujet, la connerie des hommes étant la seule ressource inépuisable sur la terre. Vous me pardonnerez. Je souhaitais juste soumettre à l’esprit critique des lecteurs qui essaient de penser par eux-mêmes, sans œillères et sans partis pris, les questions qui me tiennent le plus à cœur. Il s’agit de mon seul point de vue de citoyen lambda.

Je l'ai dit plus haut. Je le répète. Rochefort doit choisir : devenir une ville touristique et culturelle d'excellence en Europe, sur l'arc atlantique, ou accepter d'être réduite au rang de ces petites villes départementales médiocres et sans âme qui n'en finissent pas de faire des conneries pour ne pas crever dans l'indifférence générale.

Nous sommes en France et, nous le savons, dans ce pays l’administration de la chose publique n’est pas facile. Michel Crozier dénonçait déjà en 1970 notre Société Bloquée et notre incapacité à la faire évoluer en profondeur tant les résistances au changement sont grandes.

Je suis lucide, mais je veux être optimiste. La condition première de tout changement c’est l’imagination. Elle est la mère de la réalité future. Picasso ne disait-il pas : "Tout ce qui peut être imaginé est réel". Peut-être pas le réel d’aujourd’hui mais sûrement le réel de demain.



SG

Rochefort, Novembre 2012






[1] Dans un tel contexte l’assistanat tous azimuts et incontrôlé permet au mieux d’endormir le mal, en aucun cas de le soigner. Pour preuve le nombre croissant d’exclus qui sillonnent ou squattent le centre-ville, chien aux pieds, bière dans la main…Hélas, s’agissant de Rochefort, cette forme de protection sociale sans contrepartie, et surtout sans résultat, tend dangereusement à devenir une marque de fabrique des gouvernances territoriales et administratives impliquées.

[2] Taper cette phrase sur Google et vous saurez d’où elle provient.

[3]J’ai à cœur de préciser ici que la Direction opérationnelle du théâtre - responsable de la gestion et de la programmation - ne peut en aucun cas être tenue pour responsable de ce raté total pour la simple raison qu’elle n’avait aucun pouvoir en la matière et qu’en outre sa voix s’est toujours élevée avec force et courage contre la connerie que je dénonce.